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Réformes, négotiations et cie!
Envoi de  Mohammed Hadi (26/07/2010)
Cette info m'inspire! Nos politiques en prendraient-ils de la graine?


C’est une véritable révolution que compte entamer le ministre de la Santé britannique, Andrew Lansley : dans une optique de réduction des dépenses, il souhaite décentraliser la gestion du système national de santé (National health service, NHS) et transférer la majeure partie de son budget (75 %) sous la responsabilité des médecins de ville. L’objectif étant d’impliquer de plus en plus le secteur privé.

Jusqu’ici, dix autorités stratégiques de santé et 152 « trusts » de soins géraient les soins (hôpitaux, achats de médicaments…) sous la tutelle du ministère de la Santé. Ils seront remplacés par 500 consortiums dirigés par des représentants de « médecins de famille ». Lesquels se retrouveront responsables de la gestion, chacun dans leur district, de 110 milliards de livres. Le gouvernement de David Cameron estime en effet que les médecins sont en général les mieux placés pour évaluer les besoins de leurs patients.

Encourager la concurrence public/privé

Dans le système imaginé par le gouvernement Cameron, un conseil indépendant allouera les ressources et déterminera les bonnes pratiques à suivre. Il sera secondé par un régulateur (« monitor ») chargé d’agréer les prestataires de service – privés et publics – et donc d’encourager la concurrence. Les patients auront d’ailleurs le libre choix de leur médecin et de leur établissement et s seront invités à noter l’accès à l’information que leur offrent ces derniers.

D’ici 2014, Andrew Lansley prévoit également de transformer tous les hôpitaux en entités indépendantes et les « NHS foundation trusts », établissements déjà largement autogérés, gagneront encore en autonomie avec, notamment, la possibilité de traiter des patients privés.

Enfin, la réforme établira un nouveau mode de fixation des prix des médicaments prenant davantage en compte la notion de bénéfice du produit pour la collectivité.

Vers une « dénationalisation » du système de santé ?

« Audacieuse » pour certains, « inconsciente » pour d’autres – certains experts vont jusqu’à parler de « dénationalisation » du système de santé –, cette réforme devrait conduire à la suppression ou à la reconversion d’un tiers des postes administratifs du NHS, selon le Guardian. Soit environ 30 000 emplois. Une « perte inévitable », a considéré Andrew Lansley qui espère réduire les coûts de gestion du NHS de plus de 45% en quatre ans. « Les malades ne doivent pas payer le déficit de crise laissé par l’administration précédente, a-t-il expliqué. Mais réformer le NHS est une priorité. L’investissement n’a pas été accompagné par une réforme. En réformant nous ferons en sorte que les ressources soient davantage utilisées au bénéfice des patients. »


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