Il a fait remarquer qu’à l‘instar de ses confrères européens ou nord-américains, le médecin généraliste marocain a été pendant des décennies le pivot de notre système de santé. Par la suite, l’apparition de la médecine spécialisée dans une société en profonde mutation et résolument consommatrice de modernité sans mesures de régulation adéquates, a réduit progressivement et considérablement le champ d’action du médecin généraliste privé . Ce dernier, qui a perdu un peu de son identité, s’est mis alors à fonctionner en mode de survie, ce qui l’a obligé à «brader» son art. Certains généralistes, pour améliorer leurs revenus, se sont lancés dans des formations diplômantes et payantes, génératrices de charges supplémentaires (frais de formation, manque à gagner, achat de matériel etc.) mais aussi de désillusions. Notre médecin généraliste a le sentiment d’avoir été floué et trahi par l’Université où il a passé les plus belles années de sa vie à rêver d’un avenir glorieux et qui l‘a lâché dans la nature totalement démuni et vulnérable. Le public de son côté, perçoit le médecin généraliste comme un acteur de santé peu qualifié, une sorte de «médecin inachevé» qui a raté l‘occasion de se spécialiser et à qui l’on ne confie que les petits «bobos», le personnel de maison ou les déshérités qui ne peuvent se payer le luxe d’une médecine spécialisée. Le Docteur Choukri a souligné le paradoxe entre le faible développement économique du pays et la mauvaise utilisation des ressources dont la plus importante dans le domaine de la santé est sans conteste le médecin généraliste. Ce médecin de première ligne, est capable de résoudre à faible coût nombre de problèmes de santé de la population. | 
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Le thème proposé pour cet atelier est donc le repositionnement du médecin généraliste dans le système de santé marocain. En prenant la parole, le Pr. Pestiaux a d’abord rappelé que les pays occidentaux et en particulier son pays, la Belgique ont vécu une situation analogue par le passé. Les médecins généralistes de ces pays ont traversé la même crise d’identité. Ils ont réagi en proposant d’abord une définition scientifique de la médecine générale, de son champ d’action et prouvé son rôle économique et social. Ils ont ensuite réussi à imposer la médecine générale comme discipline à part entière, et qui est actuellement enseignée comme telle à l’université. Il a suggéré que l‘atelier soit articulé autour des axes suivants: définir le profil du médecin généraliste marocain actuel, relever ses points forts et ses faiblesses, et ébaucher le profil du médecin généraliste de l‘avenir examiner le contenu de la formation médicale de base actuelle en médecine générale et proposer des réformes revaloriser la profession par une formation continue de qualité, laquelle devrait être démarrée sans tarder.
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