Il était une fois deux associations de médecins généralistes marocains: La seconde avait fait cette expérience et créé le premier groupe de pairs marocain. Les deux associations ont décidé de collaborer. Elles ont organisé un petit week-end de travail pour une quinzaine de médecins. Il a été question de la démarche qualité dans la prestation de soins en médecine générale et de l'expérience des groupes de pairs. Les représentants de la SMDMF se sont chargés de l'initiation de leurs collègues de Kénitra à ce concept simple qu'est la qualité dans le travail du médecin. De quoi s'agit il ? L'objectif était d'abord de faire prendre conscience aux participants que les difficultés d'exercice de la médecine générale se répartissaient en deux catégories : une catégorie qui relève de l'institutionnel et contre laquelle nous ne pouvons pas grand chose,
et une catégorie qui relève de notre façon de pratiquer la médecine et sur laquelle nous pouvons agir.
Les maîtres mots étaient le dossier médical standardisé (DMS) et les groupes de pairs. Le but du DMS est d' harmoniser la manière dont les médecins généralistes recueillent les données du malade et de sa maladie. Cela permet : d'être systématique dans le recueil des données (ATCD, statut vaccinal, génétique, vie génitale, allergies, etc.) de ne rien oublier, ce qui évite "les rendez-vous manqués" car toute consultation est une occasion de vérifier l'état vaccinal d'un enfant, la contraception chez la femme, etc. d'avoir un document qui permet le suivi du patient, l'échange des données entre médecins, et pourquoi pas de faire des études à grande échelle.
Ce document servira en outre de base de discussion dans les groupes de pairs. Les groupes de pairs est une idée simple, si simple que chacun peut prétendre l'avoir déjà "inventée", et pourtant ... ! Il s'agit de créer un groupe d'une dizaine de médecins (ou de plombiers!) qui ont le même statut professionnel, qui exercent dans les mêmes conditions, de préférence dans la même région. Ces personnes se réunissent régulièrement (une fois par mois ?) pour débattre entre eux de leur pratique quotidienne sans leader, sans "témoins" (professeurs ou autres) et sans repas. Ceci permet la circulation de la parole entre les participants qui n'ont pas peur d'être jugés, critiqués. C'est à partir du savoir-faire de chacun que la transmission du savoir s'effectue. La méthode a déjà fait ses preuves dans les pays anglo-saxons d'abord (peer groups), puis en France, sous l'égide de la Société Française de Médecine Générale (SFMG). Les réunions s'articulent autour de 3 points : étude de cas (cas choisi au hasard, par exemple le 3ème consultant du dernier mardi) : les participants posent les questions nécessaires, discutent la démarche du confrère et terminent par un consensus et des recommandations valables pour leur pratique quotidienne. évaluation du circuit de soins (relations avec l'hôpital, les spécialistes, à qui adresser quoi...) thème choisi librement par les participants (un cas intéressant, un problème juridique, une publication récente...)
Les présentations se font à tour de rôle. À chaque séance, un médecin présente le cas, un autre fait le secrétaire de séance. Les débats sont consignés dans un compte rendu qui sera distribué aux participants lors de la séance suivante. Il est conseillé de sortir avec des recommandations pour l'exercice après chaque séance. Cette session a été suivie par la formation du premier groupe de pairs de Kénitra qui fonctionne actuellement avec huit médecins motivés.
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